Maladies chroniques, problèmes de dos, cancer, troubles auditifs… Bien qu’invisibles, ce sont bien des handicaps

Lorsque l’on entend le mot “handicap”, on pense presque immédiatement à une paralysie, une surdité totale, la cécité, la trisomie. Mais le champ du handicap est bien plus large que cela, et très souvent invisible. La rédaction de Handivoice vous explique tout et vous présente quelques solutions que la Mission Handicap du CA IDF met en place pour ses salariés atteints de ces handicaps invisibles. Et pour illustrer cela, Handivoice est parti à la rencontre de Anan. Elle travaille au back-office du service prêts immobiliers, après de nombreuses années en agence. Depuis plus de 15 ans, elle est atteinte de l’un de ces handicaps invisibles.

 

Qui peut être reconnu travailleur handicapé ?

Commençons par un peu de droit pour comprendre : l’article L. 5213-1 du code du travail donne une définition très large : « Est considéré comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l’altération d’une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique ». Concrètement, à partir du moment où une maladie, une malformation, un accident, par exemple, peuvent avoir des conséquences sur votre travail, et quelles qu’elles soient, vous pouvez être reconnu travailleur handicapé.

C’est, par exemple le cas d’une personne atteinte d’un cancer dont le CA IDF pourra aménager les horaires de travail afin de lui permettre de suivre ses soins ; d’une personne diabétique qui pourra faire des pauses pour vérifier sa glycémie et ne pas rester seule au bureau afin qu’elle puisse être secourue en cas de crise ; d’une personne atteinte de problèmes de dos chroniques qui pourra être équipée de matériel ergonomique (fauteuil, souris…) ; d’une personne malentendante, qui pourra être appareillée le cas échéant et sous-titrer ses visios.

 

 

À chaque situation de handicap, sa solution

Vous commencez à le voir à travers les exemples ci-dessus. Il existe quasiment autant de solutions que de situations individuelles. Matérielles, organisationnelles, comportementales ou technologiques, la Mission Handicap étudie la situation spécifique du ou de la salarié(e) concerné(e) et recherche, avec elle ou lui, la ou les solution(s) adaptée(e)s.

 

Un dialogue indispensable… et confidentiel

Bien évidemment, la CA IDF ne peut mettre en place ces solutions que s’il en est informé ou, plus exactement, sa Mission Handicap. Et, si le ou la salarié(e) ne souhaite pas en informer son management et ses collègues, c’est son choix. La Mission Handicap gardera une totale confidentialité des échanges. Mais comme son nom l’indique, le handicap invisible est… invisible, comme 80 à 85 % des handicaps. Personne ne peut le deviner. Si vous n’en parlez pas, aucun aménagement ne pourra être mis en place.

 

Anan Gouara Kdaire est l’une de nos collègues atteintes d’un handicap invisible. Elle s’est confiée à Handivoice

 

anan

“J’ai rejoint le CA IDF en 2012. D’abord en agence et aujourd’hui, je suis au back-office du service des prêts immobiliers. Je suis aussi la maman de 2 filles de 3 et 12 ans.

J’aime la vie, j’aime rire, je suis volontaire et toujours partante pour tout. Mais voilà. Il arrive que mon corps me rappelle à l’ordre. Car ce que l’on ne décèle pas en me voyant, c’est que je suis atteinte d’une polyarthrite rhumatisante. C’est une maladie qui ne se guérit pas et se manifeste par crise, sans prévenir. Un jour vous êtes en pleine forme ; le lendemain, vos articulations vous font atrocement mal. Il devient très douloureux de marcher ou de tenir un stylo. Les collègues vous ont vue en pleine forme un jour ; le lendemain, vous êtes incapable de venir travailler. Je me mets à leur place, c’est dur à comprendre et à croire. Aujourd’hui, ils sont informés et bienveillants, mais j’ai attendu 2016 pour faire mon “coming-out”.

Cela a d’ailleurs été assez violent. Un jour, devant toute l’équipe, ma Directrice d’Agence m’a dit “vous savez que vous pouvez être reconnue travailleur handicapé ?” Je l’ai très mal pris mais elle avait raison. Je voyais passer les communications, mais le mot “handicap” me faisait peur. Je considérais que ma maladie était “une maladie de vieux”. Je n’avais que 26 ans lorsqu’elle s’est déclenchée… Un peu jeune pour “une maladie de vieux”.

 Aujourd’hui, je suis beaucoup plus à l’aise. Le handicap fait partie de la vie et si ça peut aider certaines personnes, j’en parle librement. Y compris aux 70 000 followers de mon compte Instagram, pourtant dédié à la cuisine.

J’ai dû me rendre à l’évidence, je ne guérirai pas. Par contre, oui, concrètement, je réponds bien à la définition d’un travailleur handicapé. Il y a vraiment des jours où travailler “normalement” m’est très difficile. Je n’ai rien à cacher et je veux que mon équipe comprenne. Je suis quelqu’un d’engagé ; de volontaire. Mais parfois, mon corps ne peut pas suivre. Je dois faire avec. Et puis le statut de travailleur handicapé me permet d’améliorer mon quotidien ; de vivre et travailler plus confortablement. Je bénéficie de chèques CESU, de jours d’absence rémunérée pour mes rendez-vous médicaux, de jours de télétravail supplémentaires si besoin, comme tout salarié reconnu “travailleur handicapé”. D’autres aménagements sont spécifiques à ma situation : un fauteuil ergonomique au bureau, comme à la maison, un repose-pieds, un réhausseur d’écran. Tout cela atténue mes douleurs. Mon statut de travailleur handicapé ne m’a jamais freinée dans ma carrière. Au contraire, les aménagements mis en place me permettent de donner le meilleur de moi-même”.

 

visuel de titre : CA Ile de France